AfterWork Techno n°01 : « Quelles nouvelles règles de performance, de pilotage et de management pour l’Usine du Futur ? » le Lundi 19 Mars 2018 à Nogent (52) Pour dessiner les bases de l’Usine du Futur il faut donc commencer par oublier l’Usine du Passé

, par christophe Juppin

Il y a encore à peine trente ans, la technologie de l’information qui dominait dans nos organisations industrielles s’appelait... le PAPIER. Nous avons donc dû, pour faire fonctionner ces organisations dans ce contexte. Et c’est ce qui a conduit aux modèles de performance, de pilotage et de management actuellement en vigueur dans nos usines. Aujourd’hui, le formidable essor du numérique rend tout simplement caduques ces anciennes règles en éliminant la contrainte qui en était à l’origine : vouloir utiliser les technologies sans remettre en question ces modèles, revient en fait à entretenir les limites issues de l’ère du papier, ce qui constitue un parfait paradoxe ! Aujourd’hui la contrainte n’est plus technologique, la contrainte c’est notre imagination !" - Entrée libre mais inscription obligatoire -

Ces dix dernières années ont vu notre contexte économique, technologique et environnemental se métamorphoser : exigences croissantes des clients et actionnaires, mondialisation de la concurrence et des échanges, diminution du cycle de vie des produits, explosion des technologies numériques, raréfaction des ressources, réchauffement climatique... Nous ne traversons pas une crise, nous sommes à la croisée de deux mondes ! L’ancien monde, celui de la productivité, des procédures, des efficiences individuelles, du management pyramidal centralisé, du cloisonnement des fonctions, nous laisse pour héritage un impressionnant cortège de règles de gestion, de décision et de management, d’indicateurs de performance et de modèles d’organisation. Ces mécanismes ont démontré leur efficacité dans le monde laminaire et prévisible dans lequel et pour lequel ils ont été élaborés, mis au point et perfectionnés. Ils montrent cruellement leurs limites pour ce monde turbulent et incertain dans lequel nous nous installons durablement. Malheureusement, on abandonne difficilement une "martingale" qui a donné pendant plusieurs décennies des résultats plus que satisfaisants. Pire, la croyance en l’efficacité déterministe de ces modèles de performance est telle, que l’on s’évertue actuellement à les pousser dans leurs derniers retranchements avec l’éternel espoir de retrouver les niveaux de performance auxquels ils nous avaient habitués. C’est précisément cette boucle de rétroaction positive (l’effet amplifiant la cause) qui régit actuellement nos organisations avec les conséquences que l’on sait. Et comme le disait Albert Einstein "il est illusoire de vouloir résoudre une difficulté avec les mécanismes qui en sont à l’origine".

Il est donc aujourd’hui urgent et vital de repenser en profondeur notre approche des organisations et de leur performance afin de retrouver des boucles vertueuses, en basculant vers un paradigme du "toujours mieux" (agilité, durabilité), de la performance globale et multidimensionnelle (économique, environnementale, sociétale), et de la compétitivité valeur : nous ne serons plus jamais les moins chers, nous sommes donc condamnés à être les meilleurs ! Nous nous engageons actuellement dans de nouveaux programmes de transformation digitale ce qui constitue une formidable opportunité, à condition toutefois de ne pas reproduire les erreurs du passé et de remettre cette fois en question nos modèles de performance, de proposition de valeur et d’organisation : le digital n’est pas la dernière manière de faire la même chose, c’est la première manière de faire autrement ! Nos modèles de performance et de décision doivent et peuvent à présent être revisités.

Il y a encore à peine trente ans, la technologie de l’information qui dominait dans nos organisations industrielles s’appelait... le PAPIER. Nous avons donc dû, pour faire fonctionner ces organisations dans ce contexte, inventer les règles, les usages et les indicateurs permettant de composer avec cette contrainte technologique : pas d’accès temps-réel à des données distantes, peu de possibilités de synchronisation et d’interaction entre les acteurs, peu de capacités de traitement et d’analyse. Et c’est ce qui a conduit aux modèles de performance, de pilotage et de management actuellement en vigueur dans nos usines. Aujourd’hui, le formidable essor du numérique rend tout simplement caduques ces anciennes règles en éliminant la contrainte qui en était à l’origine : vouloir utiliser les technologies sans remettre en question ces modèles, revient en fait à entretenir les limites issues de l’ère du papier, ce qui constitue un parfait paradoxe ! Pour dessiner les bases de l’Usine du Futur il faut donc commencer par oublier l’Usine du Passé : aujourd’hui la contrainte n’est plus technologique, la contrainte c’est notre imagination !"


Entrée libre mais inscription obligatoire :


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AfterWork Techno n°01 : « Quelles nouvelles règles de performance, de pilotage et de management pour l’Usine du Futur ? »
Lundi 19 Mars 2018 AfterWork Techno n°01 : « Quelles nouvelles règles de performance, de pilotage et de management pour l’Usine du Futur ? »

Université de Technologie de Troyes (UTT)
José Gramdi
Enseignant-chercheur
Responsable Usine-Ecole
Pôle HETIC - E115
12, Rue Marie Curie - BP 2060 - 10010 Troyes Cedex
Bureau : +33325718033
jose.gramdi@utt.fr www.utt.fr

Titulaire d’un DESS en robotique et informatique industrielle, Jose Gramdi est enseignant-chercheur à l’Université de Technologie de Troyes après une première carrière de consultant en gestion et performance industrielle. Il y conçoit et dispense des enseignements autour de l’amélioration continue et des systèmes d’informations industriels. Il consacre ses réflexions à la modélisation, l’optimisation et le pilotage de la performance globale des organisations industrielles. Il est l’inventeur de la méthode PIG (Performance Interactionnelle Globale) dont il dévoile les mécanismes en 2013 dans son ouvrage "La Boucle Vertueuse de l’Excellence" (Ed. Lexitis). En 2014, il crée le cabinet interaXys afin de mettre en application ses travaux dans l’industrie.

Pour en savoir plus :

- David Biguet : « Il n’y a pas une, mais des industries du futur »
- Le contexte économique Grand Est est favorable au deuxième trimestre 2017
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- Matinale technologique n°21 : « L’Industrie du Futur : de quoi s’agit-il ? comment s’engager dans la démarche ? » le Mercredi 16 mai 2018 à Nogent