Cinétech n°31 "Le XXIe siècle sera le siècle des dirigeables" le 21 mars 2018 à Nogent (52) Zeppelin : Retour vers le futur

, par christophe Juppin

Mercredi 21 mars 2018 à Nogent CINETECH n° 31 : Tout juste 80 ans après l´incendie qui a entraîné la perte du mythique zeppelin Hindenburg, le 6 mai 1937, et après plusieurs décennies d´oubli, la légende des dirigeables s´offre un nouveau chapitre ou se combinent puissance, écologie et nouvelles technologies. Leurs fonctions se sont aujourd’hui diversifiées (surveillance des cotes ou des frontières, déplacement d’infrastructures, tourisme de luxe...). Le XXIe siècle sera le siècle des dirigeables.

Voler. Défier les lois de l’apesanteur. Un rêve que l’homme n’a eu de cesse de vouloir atteindre par des expérimentations multiples, en dépit des contraintes physiques imposées par la nature. Alors que l’essor de l’aviation et la mise au point de navettes spatiales semblent avoir clos le champ des possibles, un engin aux capacités hors normes, conçu sur une équation physique simple, celle de la suspension d’une masse plus légère que l’air dans l’atmosphère, pourrait bien revenir sur le devant de la scène : le ballon dirigeable. Fortement plébiscité au début du XXe siècle puis tombé en disgrâce, l’aérostat regagne peu à peu ses lettres de noblesses et s’arme des dernières avancées de la recherche technologique. Fruit d’une histoire spectaculaire, comment le ballon est-il redevenu l’outil de missions spécifiques et délicates ? Va t-il bouleverser le paysage aéronautique du futur ?

Retour aux origines de l’invention. Le 21 novembre 1783, suite aux essais des frères Montgolfier sur la force ascensionnelle de l’air chaud, le premier vol humain en montgolfière a lieu au-dessus de Paris. Dix jours plus tard, le physicien Charles s’élance, en ballon à hydrogène cette fois, devant l’immense foule émerveillée. Le dispositif connaît dans le temps de remarquables améliorations : la forme s’allonge, la propulsion progresse. Au XIXe siècle, la structure devient même dirigeable, sous la houlette d’ingénieurs passionnés comme le français Henri Giffard. Alors que la France dominait la course, l’Allemagne prend la tête de la compétition.

Pendant la guerre de sécession en 1863, les américains utilisèrent des ballons à des fin d’espionnage. Le comte Ferdinand von zeppelin, officier de cavalerie Allemande, participa à la guerre de sécession en tant qu’observateur au sein de la « Fédéral Ballon company ». En retraite, Ferdinand von zeppelin s’appuya sur son expérience des ballons pour concevoir l’idée du dirigeable rigide.

Plusieurs ballons, ou cellules de gaz, formaient un plan de compartimentation similaire a celui utilisé sur les bateaux pour localiser une perte de flottabilité en cas de dommage. La structure utilisée pour réunir ces compartiments isolés consistaient en une série de cadres transversaux, de poutres longitudinales et de câbles de consolidation, comme c’est d’ailleurs encore le cas aujourd’hui.

Un tournant capital s’amorce lorsque le comte Ferdinand von Zeppelin finance la réalisation du premier « zeppelin » rigide, le LZ1, de 127 m, qui vole le 2 juillet 1900 au-dessus du lac de constance durant 18 minutes. La firme connaît dès cette époque une véritable success story. L’appareil en aluminium ultra léger est sollicité pour effectuer pendant la Première Guerre mondiale des missions de reconnaissance et d’offensive.

Durant les 4 années que dura le conflit de 1914-1918, les allemands menèrent à bien plus de 300 raids et plus de 1000 missions de reconnaissance. De nuit ou dans les nuages, le dirigeable était à l’abri des raids aériens. En chiffre, cela correspond à 10% de vols de bombardements et pas moins de 90% des vols de reconnaissance pure. Sur les 116 dirigeables rigides utilisées durant la guerre, 1/3 fut perdu à cause de défauts de conception et de manœuvre malheureuses, un autre tiers tomba sous le feu allié, le dernier tiers, quant à lui, sortit de la guerre sans dommages. Il est surprenant d’apprendre que seuls 441 soldats et officiers allemands trouvèrent la mort sur un dirigeable en quatre année de conflit.

Le dirigeable s’impose ensuite dans les années 1920-1930 comme un moyen de locomotion de prestige, vaste paquebot flottant capable de relier l’Europe et l’Amérique en un temps record. Un âge d’or auquel met brutalement fin, le 6 mai 1937 près de New York, la catastrophe du crash de l’Hindenburg, étendard de l’Allemagne nazie triomphante. Sur 157 dirigeables qui ont vu le jour jusqu’en 1938, 138 furent assemblés par des firmes Allemandes, l’Angleterre en construisit 16 et les Etats Unis 3.

Dans la seconde moitié du vingtième siècle, les avancées de la technologie aéronautique ont rendu les dirigeables totalement obsolètes. Mais les exigences et les nécessitées de notre époque ont remis le dirigeable modernisé au gout du jour, et ce dans des rôles très variés.

Le XXIe siècle sera t-il celui du dirigeable ?

À l’aune des recherches scientifiques en cours, face aux inévitables challenges écologiques et énergétiques que peinent à surmonter la plupart des machines, l’hypothèse s’avère désormais plausible. Les qualités d’autonomie, de stabilité et de précision en vol stationnaire du ballon lui confèrent aujourd’hui un rôle déterminant dans les domaines de la surveillance civile, militaire ou humanitaire. Les verrous technologiques sont peu à peu levés : des spécialistes travaillent au niveau mondial à l’utilisation des dirigeables comme systèmes de transport de charges pouvant aller jusqu’à plusieurs tonnes, de nouvelles pistes sont envisagées dans le secteur du tourisme.

L’espace lui-même ne semble plus un défi inatteignable... Voici la passionnante histoire du ballon, une « rétro-innovation » promise à toutes les espérances.



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CINETECH n°31 :« Zeppelin : Retour vers le futur »
Mercredi 21 mars 2018 à Nogent CINETECH n°31 :« Zeppelin : Retour vers le futur »

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