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Collaboration entre start-up et grands groupes en France : la French Tech fait le point

, par christophe

La French Tech a publié mercredi 8 novembre 2017 la première édition de son baromètre sur la collaboration entre les start-up et les grands groupes français. Une façon de dresser un constat objectif sur l’écosystème en France et de promouvoir davantage d’échanges entre ces deux acteurs. Face au modèle américain, les grandes entreprises françaises font valoir leurs avantages.

La French Tech a présenté le mercredi 8 novembre 2017 la première édition de son baromètre sur la collaboration entre les start-up et les grands groupes en France. Le cabinet d’innovation Five by Five a réalisé ce rapport en interrogeant 41 grandes entreprises françaises sur 120 sollicitées. Parmi elles : AXA, Engie, Orange, SNCF ou encore Total.

Initiée fin 2013 par le gouvernement, la French Tech promeut l’émergence de start-up à succès, la mise en place d’écosystèmes et la création d’emplois liés à l’innovation. Les représentants des entreprises interrogées et les partenaires du rapport – la Direction Générale des Entreprises, Bpifrance, la Caisses des Dépôts – étaient réunis pour l’occasion dans l’accélérateur créé par Xavier Niel à Paris, Station F.

L’étude se penche sur différents types de collaboration : les processus d’achats, les partenariats de distribution, les pratiques de co-développement, les investissements et acquisitions. Disponible en ligne, le baromètre regroupe les témoignages de start-uppers et de PDGs pour mettre en valeur les bonnes pratiques de collaboration.

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Collaboration entre start-up et grands groupes en France : la French Tech fait le point © Simon Chodorge

Quantifier les collaborations entre start-up et grands groupes

La culture française n’est-elle pas prête pour faire évoluer des écosystèmes de start-up à l’américaine ? La question ressemble à un stéréotype mais elle encore au cœur des interrogations des jeunes pousses françaises, comme le rappelle Cécile Brosset, directrice du Hub Bpifrance : “Les entrepreneurs nous expliquent au quotidien à quel point c’est lent, ça n’avance pas, c’est compliqué et que ça tue des boîtes. Pour autant nous n’avions pas de chiffres donc nous ne pouvions pas évaluer, quantifier et surtout nous projeter dans une progression.”

La French Tech veut renouveler son projet de baromètre tous les ans pour créer une dynamique de progression. “Depuis 4 ou 5 ans, les grands groupes français font beaucoup de communication et investissent dans les start-up”, déclare David Monteau, directeur de La French Tech, à L’Usine Digitale. “Il y a ce mouvement de fond et on s’est dit : regardons vraiment la réalité économique au-delà de la communication. Et regardons ce qu’on fait après, collectivement, pour que ce soit mieux l’année prochaine.”

Des entreprises séduites par l’innovation mais timides à l’investissement

Sur l’ensemble des PDGs ayant répondu à l’étude, 83 % soutiennent les relations avec les start-up. Mais cet enthousiasme ne se traduit pas forcément en chiffres. A hauteur de 667 500 euros par an, “le volume médian dépensé par les grands groupes français pour se fournir auprès des start-up reste modeste”, note l’étude. Et les dépenses dédiées aux start-up par les grands groupes correspond seulement à 0,1% de leur budget global.

De la même manière, seules 6 entreprises sur les 41 interrogées déclarent avoir effectué des acquisitions de start-up en 2016, pour un maigre total de 13 start-ups acquises. “Sur la même période Google (Alphabet) a réalisé à elle seule 14 acquisitions”, compare le rapport.

Objectif : rattraper le modèle américain ?

Face aux performances de la Silicon Valley, les collaborations entre les start-up et les grandes entreprises françaises peuvent paraître modestes. David Monteau décrit toutefois un rattrapage rapide : “L’objectif, c’est que le paysage des grands groupes français dans quinze ans soit un mélange de grands groupes qui existent déjà et qui ont réussi à se transformer, avec des sociétés ou des start-up qui vont devenir grandes parce qu’on aura réussi à créer un nouveau leader mondial.

Unibail-Rodamco fait partie des entreprises les plus performantes en matière de collaboration, notamment grâce à son accélérateur UR Link. Son directeur, Jean Collet, souligne les avantages du modèle français : “Evidemment il faut prendre exemple sur le modèle américain pour la réactivité et la force de frappe, mais l’écosystème français a aussi de très grandes forces. Quand on enclenche un projet les business units sont très impliquées et parfois plus qu’aux Etats-Unis. Il y a moins ce côté cosmétique et il y a une vrai intégration.

Le baromètre met également en valeur le taux de conversion moyen des PoC (preuve de concept) en produits commercialisés et/ou industrialisés. Il atteint 37 % en France, un taux plus élevé que celui constaté sur le marché américain d’après une étude de 500Startups.

Simon Chodorge


Publié par Simon Chodorge le 08 novembre 2017 dans www.usine-digitale.fr


Pour en savoir plus :

- Collaboration entre start-up et grands groupes en France : la French Tech fait le point le 8 novembre 2017
- Medtech, biotech, e-santé : un potentiel français à 40 milliards d’euros dans une étude du 15 novembre 2017