En Haute-Marne, Greatbatch Medical investit et embauche à tour de bras en 2013 et 2014

, par christophe

Une prothèse de hanche sur trois posée dans le monde est fabriquée ici, en Haute-Marne. Seule usine en Europe de la firme américaine Greatbatch Medical, le site de Chaumont connaît une croissance extraordinaire due à un marché en pleine expansion. Une centaine de recrutements ont eu lieu en 2013 et 2014.


JPEG - 79.2 ko
Certaines pièces requièrent un soin extrême, qui s’apparente à un travail d’orfèvrerie. ©Marais / Agence Info.

Lorsque nous visitons l’usine début décembre 2014, Greatbatch Medical vient tout juste de mettre en service un nouveau parking de 84 places. Loin d’être anecdotique, cet événement révèle au contraire l’incroyable montée en puissance de ce site construit en 1990 et repris en 2009 par le fabricant d’implants orthopédiques.

« Nous avons recruté une centaine de personnes au cours des dix-huit derniers mois », confirme Guillaume Henry, le directeur des opérations. Des ingénieurs, des techniciens et des opérateurs qui portent à 360 le nombre actuel d’employés.

Dans le même temps, Greatbach Medical a investi 5 millions d’€ pour acquérir dix-sept nouvelles machines et construire 800 m2 de bureaux qui permettront de libérer de la place pour l’outil industriel d’ici à fin 2015.

Le site de Chaumont assure 13 ou 14 % du chiffre d’affaires de Greatbatch. ©Frédéric Marais / Agence Info.

« Nous avons connu une croissance de 20 % en 2013, de 6 ou 7 % seulement en 2014 faute de capacités de production suffisantes, et elle devrait être de 18 % en 2015, faisant passer notre chiffre d’affaires de 60 à 70 millions d’€ », expose Guillaume Henry. La croissance atteindra donc 50 % en trois ans !

Bref, tous les clignotants sont au vert pour Greatbatch, qui surfe sur la vague des progrès médicaux, tout autant que sur celle de l’accroissement et du vieillissement de la population. Le savoir-faire et la compétence de la filiale française en matière de développement y sont bien sûr aussi pour beaucoup.

Le cœur de métier de Greatbatch en France, c’est la fabrication d’implants, de vis et d’agrafes pour la chirurgie. Plus de 200 000 prothèses de hanche en titane sortent de l’usine chaumontaise chaque année : forgées, usinées, polies, nettoyées, revêtues d’une poudre permettant à l’os de se reconstituer, stérilisées (activité sous-traitée) et conditionnées. Ce qui fait de l’entreprise américaine le numéro 1 dans le monde.

Greatbatch (qui doit son nom à l’inventeur du premier pacemaker totalement implantable) fabrique aussi 30 000 prothèses d’épaule en titane chrome cobalt, « un marché plus récent et en très forte croissance », comme le souligne le responsable du site haut-marnais. Celle-ci sera de l’ordre de « 20 à 25 % en 2015 ».

Un plan ambitieux

Tout aussi nouveau pour l’entreprise, la fabrication de prothèses de rachis, un dispositif qui permet de garder la mobilité entre les cervicales chez les patients atteints de discopathie. Avec un taux de croissance de 50 % par an, ces prothèses de rachis sont destinées exclusivement au marché américain, où elles ont été homologués par l’exigeante Food and Drug Administration.

Si la production part en grande majorité à l’étranger, impossible de connaître les chiffres exacts de Greatbach France à l’exportation puisque l’entreprise ne vend pas directement ses produits sur le marché, mais à ses trois gros clients que sont DePuy pour les prothèses de hanche et d’épaule, Biomet pour les vis et les agrafes, et LDR Médical pour les prothèses de rachis.

A l’origine unique client du site chaumontais, DePuy représente encore 85 % de son chiffre d’affaires. Biomet et LDR sont venus se greffer en 2013. « Notre souhait est de continuer à diversifier notre portefeuille de clientèle et notre gamme de produits », indique le directeur des opérations.

Pour atteindre cet objectif, le sous-traitant s’est lancé dans un vaste plan visant à transformer en profondeur l’usine de Chaumont : organisation, process, qualité, traçabilité, innovation… Outre les investissements en équipements pris en charge intégralement par la maison mère aux Etats-Unis.

La nomination de Guillaume Henry à la tête du site haut-marnais en 2013 répond d’ailleurs à cette évolution, puisque cet ingénieur des Arts et Métiers de 45 ans se définit lui-même comme un spécialiste de la « conduite du changement et de la transformation des entreprises ».

Des emplois pérennisés

Le dirigeant a encore du pain sur la planche, avec une croissance si forte - le mot revient en boucle - que l’outil de production « sera saturé plus vite que prévu », ce qui oblige la société à « chercher d’autres solutions ».

Par exemple en laissant le site ouvert plus longtemps, bien qu’il fonctionne déjà en 3x8. C’est ainsi que des équipes de week-end viennent d’être constituées.

Guillaume Henry est arrivé en 2013 pour piloter la transformation du site haut-marnais. ©Frédéric Marais / Agence Info.

Pas d’autre alternative pour Greatbatch s’il veut continuer à être « le partenaire privilégié de ses clients, à leur apporter des solutions et à les accompagner dans leur développement ».

Le tout sans sacrifier la dimension humaine de l’entreprise. « Nos conditions de travail sont bonnes, estime Guillaume Henry, et nous jouissons d’une bonne réputation dans notre secteur. » L’entreprise mise en particulier sur la formation interne. « Nous allons encore embaucher, tout en transformant des CDD et des postes d’intérimaires en CDI de façon à pérenniser l’emploi. »

Un discours suffisamment rare par les temps qui courent pour retenir l’attention.



Publié par Frédéric Marais, le 08 janvier 2015
© 2015 Traces Ecrites L’actualité économique du Grand Est et de Bourgogne Franche-Comté. Tous droits réservés.


Pour en savoir plus :

- En Haute-Marne, Greatbatch Medical investit et embauche à tour de bras en 2013 et 2014
- La société texane "Greatbatch, Inc." a acheté la société "Lake Region Medical" en aout 2015 pour 1,7 milliard de dollars
- Greatbatch, Inc. renommé Integer Holdings Corporation le 1er juillet 2016
- la filière du Médical en Haute-Marne
- Téléchargez le cahier spécial Prosthesis