Hommage à Renée Landanger, femme visionnaire, décédée le 06 juillet 2017 à Chaumont Renée Landanger est décédée jeudi 06 juillet 2017 à Chaumont

Renée Landanger est décédée jeudi 06 juillet 2017 à Chaumont à l’âge de 93 ans. Avec Renée Landanger, à qui tout le monde, communément à Chaumont, donnait du « Madame », disparaît un des personnages les plus emblématiques de l’épopée du médical en Haute-Marne.


(JHM du 11 juillet 2017)

Tout commence à Mandres-la-Côte. Louis, son époux, quitte la gendarmerie. Avec Renée, ils ont déjà deux enfants  : Joël et Patrick. Le couple polit des instruments de chirurgie, qui sont alors vendus par d’autres.

Renée Landanger a une première intuition  : vendre sans intermédiaire, les produits à des distributeurs parisiens. Pendant plusieurs années, la camionnette familiale sillonne les routes. Le travail et l’obstination finissent par payer. L’atelier de Mandres s’avère étroit ; les Landanger décident de déménager rue des chalets, à Chaumont. Ils embauchent, aussi, car Louis crée des modèles qui rencontrent un réel succès auprès des hôpitaux français.

C’est le début de la légende.

Renée Landanger élève alors ses quatre enfants tout en travaillant à la production et en dirigeant l’entreprise. Les trente-cinq heures étaient faites en deux jours. C’est d’abord l’abnégation et le savoir-faire, mâtinés d’audace, qui fondent la saga Landanger. Une seconde fois, l’atelier s’avère trop exigu.

Les Landanger s’installent alors sur ce qui deviendra la zone industrielle de la Vendue. Les employés dépassent largement la centaine. C’est là que jaillit la seconde géniale intuition  : la prothèse. Renée Landanger comprend qu’à l’avenir, la valeur sera bien davantage dans l’implant que dans l’outil. La prothèse de hanche est lancée. Louis, perfectionniste, a l’idée de recouvrir la tige (qui entre dans le fémur) d’un revêtement inspiré du corail qui favorise la "soudure" naturelle du corps étranger dans l’os. La prothèse corail est née. Le succès est mondial.

Renée Landanger contrôlait tout, décidait tout. Elle a traversé ces décennies marquées au sceau de la réussite sans jamais se départir de sa première qualité  : « je suis exigeante ». Elle ajoutait, pour préciser sa pensée, au cas où son hôte serait saisi par le doute incongru la concernant  : « quand il y a un problème, il faut le résoudre. On le résout ». Cela résumait assez bien l’aventure Landanger à Chaumont, et ses nouveaux et suivants chapitres  : Aesculap, Greatbatch, Maire-Didier et... Landanger !


Pour en savoir plus :

- En Haute-Marne, Greatbatch Medical investit et embauche à tour de bras en 2013 et 2014
- Aesculap : Die gute croissance
- la filière du Médical en Haute-Marne
- Téléchargez le cahier spécial Prosthesis